De part la méconnaissance du grand public, il pourrait sembler de prime abord que le Pinto soit un standard totalement nouveau dans le monde équestre, ou importé des Etats-Unis. Or ce n'est pas le cas : pendant des siècles, les chevaux à robe PIE (non-unie, que ce soit bicolore ou plus) furent fort nombreux et appréciés.

Néanmoins, au cours des deux derniers siècles, pour des raisons d'uniformité des régiments militaires, les robes pie furent peu à peu éliminées.
La gestion de la reproduction fut confiée aux Haras Nationaux pour préserver la qualité de la cavalerie, arme de guerre de l'époque.
Aussi il n'en fallut pas plus pour que cette robe soit considérée par une certaine élite comme un handicap, une tare à supprimer.
Lors de la mise en place des critères de conformation des diverses races existantes dès le début du XIXeme siècle, les robes pie furent mises au ban de la sélection malgré leur succès passé auprès des grands de ce monde.
Dans la plupart des races actuelles, il y eut des chevaux de robe pie. Certaines races qui l’avaient exclu de leur standard, le remettent aujourd’hui dans les robes admises(1)…
Mais les chevaux pie faillirent disparaître. Nous devons leur survie à des éleveurs acharnés, irréductibles amoureux du Pinto, qui envers et contre, les modes, les mises à l’écart et les lois en vigueurs ont décidé d’en continuer l’élevage.

Sans eux, aujourd’hui, nous serions privé de ce qui est en passe de devenir, la coqueluche et le gagne-pain de ceux qui les reniaient hier…
C’est ainsi que récemment un éleveur me confiait qu’il déplorait la perte de sa jument comtoise pie, la seule et unique restant au monde, sans descendance, puisqu’il n’a jamais pu avoir accès à la saillie avec un étalon comtois agréé par les Haras Nationaux… Alors qu’aujourd’hui, ceux-ci, vont acheter chez nos voisins des étalons pie pour les mettre à la reproduction !!!
Il est regrettable de constater la perte d’une partie de notre patrimoine zootechnique, pour de simples convictions sans fondements.
Quelle est donc cette menace pour le cheval pie ? Le militaire ? Non, ses besoins ! Au cours des deux derniers siècles, pour les besoins d’uniformité de la cavalerie des régiments militaires, les robes pie furent peu à peu exclues de la reproduction gérée par les Haras Nationaux. C’est ainsi, qu’au fil du temps, cette robe a été considérée par une certaine élite comme une tare à éradiquer (2).
C’est un sentiment toujours partagé de nos jours par une certaine gent, puisqu’au sein même des haras nationaux, tout comme chez certains éleveurs, les juments de robe pie se voient encore refusées - surtout en France - la saillie par certains étalons. Dans le domaine de l’équitation, notamment en loisirs mais surtout dans le CSO, le Pinto déclenche des exclamations d’étonnement sur les terrains de concours.

A l’heure de l’uniformisation, de la standardisation, le Pinto synonyme d’originalité de par sa singularité, semble prêt à vivre sa révolution et il suscite l’engouement d’un large public.
A l’ère de l’audimat, c’est donc normal qu’il intéresse de plus en plus les cavaliers à la recherche de médiatisation. D’ailleurs, la publicité lui fait une part belle, puisque de nombreux spots sont réalisés avec des pinto et sont diffusés sur nos écrans pour vanter les mérites de produits sans rapport avec le milieu équin.
Lors de la mise en place des critères de conformation des diverses races existantes dès le début du XIXeme siècle, les robes pie furent mises en marge de la sélection malgré leur succès passé auprès des grands de ce monde.

Actuellement, nous oeuvrons auprès du ministère de l’agriculture pour que soit reconnue officiellement la race Pinto en France (race déjà reconnue depuis longtemps aux Etats-Unis, entre autres).

 

 


 

 




(1) La robe pie ne peut se ré-exprimer lors d’une éradication au sein d’une race… il s’agit donc là d’une opération de communication démagogique…

(2)Le gène pie étant dominant, il était à l’époque plus difficile d’obtenir des chevaux de robe unie que des chevaux de robe pie.

 

Furia, Pinto Ibérique